Aimer Lire N° 8, août 2018
Home Green Home - Aimer Lire

Home Green Home

par Cornélia Mühlberger de Preux

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Qui ne rêve pas d’habiter au bord de l’eau, de posséder un nid dans les arbres ou encore de vivre en ville sans pourtant être coupé de la nature? Entre utopie et réalité, voici un tour d’horizon de quelques livres qui subliment le green home aux quatre coins du monde, du simple pigeonnier à l’immeuble collectif urbain en passant par la villa high-tech plantée en plein désert.

Vivre dans les arbres

Dans Tree houses et Cabins publiés aux éditions Taschen, Philip Jodidio repère un chapelet de «  cabanes » qui donne une importance particulière au paysage en faisant disparaître les frontières entre l’intérieur et l’extérieur.

En feuilletant Tree houses, on admire ainsi les cerisiers en fleurs depuis une maisonnette à thé amarrée à un cyprès japonais, on mange dans un restaurant-coquillage qui s’enroule autour d’un séquoia en Nouvelle-Zélande, on trône dans la canopée d’un géant de la forêt pluviale amazonienne. Là-haut, à 27 mètres au-dessus du sol, la vue est imprenable sur la réserve Tambopata au Pérou. Il faut néanmoins oublier les huttes spartiates de son enfance lorsqu’on parle d’architecture arboricole. Aujourd’hui, on trouve dans ces logis haut perchés l’eau chaude et une connexion à Internet. S’il ne fallait signaler qu’un seul des audacieux concepteurs des cinquante nids sylvestres présentés dans le livre, ce serait Andreas Wenning. C’est lui qui est à l’origine du cabinet d’architectes allemand Baumraum dont plusieurs productions ont essaimé en Allemagne et ailleurs.

Cabins témoigne de ce même désir de chercher refuge dans la nature, loin du stress et de la pollution des villes. Là aussi, on pousse la porte d’habitacles étonnants, à commencer par le cabanon bâti par Le Corbusier lui-même à Roquebrune-Cap-Martin. Cet édifice mesure 3,66 mètres sur 3,66 mètres et 2,26 mètres de haut ; pour son créateur, c’est « un château sur la Côte d’Azur, un endroit où pouvait une déesse laisser sa robe traîner… » Dans la recherche du « moins », le projet Diogène de Renzo Piano va encore plus loin avec ses 7,5 mètres carrés de surface. Le prototype est de surcroît autosuffisant et transportable.

Aimer lire - DEU, Deutschland, Uslar, Baumhaus Solling, Architekt Andreas Wenning
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DEU, Deutschland, Uslar, Baumhaus Solling, Architekt Andreas Wenning
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Source : https://www.archdaily.com/495384/treehouse-solling-baumraum

Habiter la nature et/ou sur l’eau

Les albums Habiter la nature et Habiter sur l’eau constituent un autre duo architectural publié chez Phaidon. Dans le premier, soixante demeures contemporaines se fondent dans leur environnement – forêt, prairie, île, montagnes, falaises ou dunes. Certaines d’entre elles sont à la pointe de ce qui se fait de nos jours au niveau technologique et écologique. Ainsi, l’abri alpin cramponné à plus de 2’000 mètres d’altitude dans la région de Skuta en Slovénie est constitué d’un matériau pouvant supporter d’importants changements climatiques. De même, la maison mimétique, logée dans un paysage vallonné d’Irlande, se camoufle aisément dans la verdure grâce à sa forme de prisme et ses façades aux miroirs anguleux.

L’ouvrage Habiter sur l’eau, quant à lui, expose de superbes résidences entretenant un lien privilégié avec l’eau dans le grand Nord comme dans le Sud tropical. Le dialogue avec l’or bleu se décline à l’infini, que les maisons se reflètent dans des étangs, s’avancent sur un môle, s’ancrent sur la plage ou encore se dressent sur l’océan.

Des villes végétales

Nos vies ne nous permettent cependant pas de vivre en pleine nature la plus grande partie de l’année. Il s’agit donc de faire venir cette dernière dans les cités. Le livre Villes-jardins d’Anna Yudina, aux éditions Ulmer, montre justement comment fusionner le végétal et le minéral urbain. Ce faisant, l’auteure nous fait voyager des États-Unis au Japon en passant par l’Europe. Dans les projets mis en avant, arbres et plantes ne se contentent pas de coloniser toits et façades, ils s’invitent dans des parcs verticaux, des fermes pentues, des tours maraîchères, des jardins creux ou aériens, ou encore des espaces verts souterrains. En guise d’exemple, citons l’emblématique Bosco Verticale, à Milan, où l’architecte Stefano Boeri intègre deux hectares de forêt et de végétation – plus exactement quelque 800 arbres, 5’000 arbustes et 11’000 plantes vivaces – dans deux tours hautes de 80 et 112 mètres sur une emprise urbaine de 1’500 mètres carrés.

Nombre des réalisations présentées dans Villes-jardins font écho aux rêves de Luc Schuiten, le célèbre architecte visionnaire belge. Deux opuscules parus aux éditions Mardaga permettent de se (re)plonger dans son univers. Dans Archiborescence, Schuiten revient sur une trentaine de projets imaginés depuis les années 1970 pour une société revenue à des modes de vie écologiques, autonomes du point de vue énergétique et laissant une large place aux arbres et aux plantes. Dans Vers une cité végétale, il réinvente, entre autres, les transports publics et individuels, propose des formes d’habitats archiborescents et étudie le devenir de la ville de Lyon à l’horizon 2100.

Vivre l’utopie

Dans la veine futuriste, ouvrons encore le bel ouvrage Architecture utopique. Imaginaire ou visionnaire? aux éditions Favre pour faire une balade fantastique en compagnie d’Emmanuel Ventura notamment, l’architecte cantonal vaudois. La plupart des projets décrits dans ce livre sont virtuels, mais certains ont pourtant déjà vu le jour à l’instar de la maison de l’écriture à Montricher dans le canton de Vaud. Toutefois, ce sont là des bâtiments homériques et destinés à des usages bien particuliers. Revenons donc à une utopie plus à la portée de tous avec deux derniers ouvrages, Pour des villes à échelle humaine, de Jan Gehl aux éditions Écosociété, et Home. Habitat ouvert et sur mesure, de Pascal Gontier, chez Muséo. Jan Gehl déploie nombre de pistes concrètes pour remettre l’humain au centre des préoccupations de l’urbanisme et développer des villes à la fois animées, sûres, durables et saines. L’auteur illustre son propos en s’arrêtant sur les bons et les mauvais élèves. Pascal Gontier, quant à lui, déroule avec conviction son concept de « cadavre exquis architectural », un nouveau type de logements modulables et participatifs qui s’adaptent aux désirs de ses occupants et peuvent évoluer en fonction de leurs besoins.


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